Carnets de Jorian - Carnet 28


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La nuit est tombée et les deux hommes travaillent sans bruit. Plus que trois tonneaux à charger… Plus que deux… Ouf.

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Tout à sa tâche, Jorian n’a même pas le temps de se demander pourquoi il charge tous ces tonneaux sur une barque, en compagnie d’un homme au visage sombre et dur.

Ils ont fini, maintenant, l’homme lui fait signe de monter à bord de la barque. Puis il jette un œil autour de lui, approche une carte de la torche fixée dans le sable, et enfin contemple les étoiles. Il prononce alors d’une voix grave, presque rauque :

« Allons-y ».

Jorian serre la sacoche contenant ses carnets contre son cœur, et hoche la tête. Est-ce la mémoire qui lui revient ? Ou le ton impérieux de l’homme au teint noir ? Jorian sent que c’est vrai.
Qu’il est temps de partir.


« ! // ! Le Capitaine Taak Rogers vient de m’expliquer ce que je faisais, assis sur quatre bouts de bois, perdu à ses côtés au milieu d’une infinité d’eau.
Il est au courant pour mon mal. Ca doit être un homme patient, ce n’est sûrement pas la première fois qu’il m’explique ce qu’il se passe…
Nous sommes en route pour Kalimdor la Terrible. Nous n’avons pas emprunté les voies régulières, car j’ai peur que l’on me surveille.
J’ai lu mes notes. Je sais ce que je dois faire en Kalimdor. Taak n’est sûrement pas au courant. Il n’aurait jamais accepté de m’emmener, si ça avait été le cas… Je ne reviendrai sûrement pas en vie… Mais j’aurais essayé. Pour sauver Carol.

! // ! Le voyage doit durer une semaine, et nous sommes partie depuis deux jours, selon lui. Encore cinq jours, donc… Je ne connais plus l’attente, ni l’ennui. Je sais que par le passé, la perspective de rester coincé tant de temps, sur ces morceaux de bois, cerné par les eaux, m’aurait exaspéré.

Mais je m’en moque éperdument, alors que j’écris ces lignes. Cinq jours ? Cinq ans ? Quelle différence, pour moi ? Dans cinq minutes, tout « ennui » aura disparu… »


Quatrième jour :

« NE BOUGE PLUS ! » hurle le capitaine Taak Rogers… « ARRËTE !!! »
Jorian, les yeux injectés de sang, se débat comme un diable, mais le Capitaine Taak le maintient solidement, les bras serrés autour de lui. Heureusement, Jorian ne pense pas à se saisir de ses dagues… Il mord, il griffe…
Taak Rogers ferme les yeux, serre les dents et pense : « Bon sang, c’est vraiment pas le moment… Qu’est-ce que… »


Sixième jour :

« ! // ! Taak semble inquiet, il a les traits tirés… Je me demande si cela à un rapport avec l’incident d’il y a deux jours… Mais je me suis calmé, enfin, je crois… Il ne devrait pas s’inquiéter. Je ne comprends pas vraiment ce qu’il s’est passé… Si seulement je pouvais me souvenir ! »

Taak se tourne vers Jorian : « Tout va bien du côté des vivres, et si j’en crois les cartes que tu as volées, nous serons en vue des côtes de Kalimdor demain. Mais… »
Jorian hausse un sourcil, et sors de quoi écrire… « Mais ? »
« Hé bien… Avant de partir, j’ai demandé à un Magicien de lancer un petit sort de prévision mineur, afin de connaître les conditions météorologiques… Il m’a assuré que rien de sérieux ne se préparait sur l’Océan Majeure cette semaine.
- Et alors ?
Taak désigne un petit renflement noir et bleu, à l’horizon.
- Et alors… J’ai bien peur qu’il ne se soit trompé. »

Septième jour :

« ! // ! Peut… [effacé par l’eau] écrire… Sommes… [effacé par l’eau]… Tempête… Je… [effacé par l’eau] [effacé par l’eau] Carol !! Carol… Je viens… [effacé par l’eau] sauver… Carol. »

Le vent hurle comme une harpie égorgée. La pluie tombe, par baquets entiers, le tonnerre gronde comme un Orc en colère. Les éléments semblent déchaînés. Quelques éclairs irréguliers figent les deux hommes sur la barque dans des postures grotesques, fantomatiques...
Et… des vagues entières s’écrasent dans la barque… Presque tous les tonneaux ont été emportés. Taak Roger a enroulé autour de son poignet une corde de chanvre, dont il a noué l’autre extrémité à la proue. Il hurle à Jorian « BON SANG, LACHE CES FOUTUS CARNETS ET ECOPE !! »
Jorian, à moitié fou, sert plus fort que jamais sa sacoche contre son ventre. Mourir ne l’effraie pas. Perdre de nouveau ses souvenirs… le terrifie...
Taak a vidé l’un des derniers tonneaux, et s’en sert pour évacuer l’eau hors de la barque. Jorian se ressaisit peu à peu, puis lui vient en aide, avec un autre tonneau.

Ensemble, ils travaillent méthodiquement, malgré le chaos qui les entoure. Se pencher, remplir, vider. Se pencher, remplir, vider. La légendaire agilité des Voleurs leur sauve mille et une fois la vie. Un instant… Jorian croît qu’ils vont s’en sortir, qu’ils vont en voir le bout… Un instant…

L’instant suivant, il a oublié. Et une immense vague, aussi haute que la tour du Donjon de Stormwind, s’abat sur eux.

Et c’est le noir…










Après le noir


« Et tremblotant, il tenait contre son corps sa vieille sacoche de cuir contenant ses notes… »






(Taak semble avoir disparu après ce naufrage, mais qui sait ce qui a bien pu arriver au célèbre Boucanier ? En attendant, vous pourrez en savoir plus sur « l’incident du Quatrième Jour », en lisant le journal de bord du Capitaine Taak Rogers… dès qu’on l’aura retrouvé !)





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